Diagnostics

Cystite interstitielle — syndrome de douleur à la vessie (Ténesme vésical)

La cystite interstitielle non bactérienne

La cystite interstitielle non bactérienne se caractérise par des douleurs sus-pubiennes et des envies fréquentes d’uriner (ténesme vésical), le jour comme la nuit. Ces douleurs et ces envies d’uriner sont souvent très intenses, parfois insupportables. Les douleurs peuvent aussi irradier jusqu’à l’urètre et au vagin. Typiquement, la miction soulage partiellement ou complètement ces douleurs, mais pour une courte durée.

Le syndrome évolue différemment d’une personne à l’autre. Au début, les symptômes tendent à apparaître puis à disparaître d’eux-mêmes. Les périodes de rémission peuvent durer plusieurs mois. Les symptômes ont plutôt tendance à s’aggraver avec les années. Dans ce cas, les douleurs s’accentuent et les envies d’uriner deviennent plus fréquentes.

La cystite interstitielle touche surtout les femmes — voire de 5 à 10 fois plus de femmes que d’hommes — et peut se déclarer à tout âge à partir de 18 ans.

Pour l’instant, il n’existe pas de traitement curatif de cette maladie qui est considérée comme chronique.

Quelles sont les causes possibles d’une cystite interstitielle?

L’origine de la cystite interstitielle n’est pas connue avec certitude. Certaines personnes relient son apparition à une intervention chirurgicale, à un accouchement ou à une infection urinaire sévère. Cependant, elle peut souvent survenir sans cause précise. La cystite interstitielle non bactérienne est probablement une maladie multifactorielle.

Altération de la paroi de la vessie
Pour une raison inconnue, la couche protectrice tapissant l’intérieur de la vessie semble altérée. Cette couche empêche normalement les substances irritantes, contenues dans l’urine, d’entrer directement en contact avec la paroi de la vessie.

Couche protectrice intravésicale moins efficace
Chez les personnes souffrant de cystite interstitielle, cette couche protectrice agirait de façon moins efficace. L’urine pourrait donc irriter la vessie et entraîner une inflammation et une sensation de brûlure.

Maladie auto-immune

L’inflammation de la vessie
Ceci pourrait être due à la présence d’anticorps nocifs s’attaquant à la paroi de la vessie (réaction auto-immune).

Hypersensibilité des nerfs de la vessie
Les douleurs ressenties par les personnes atteintes de cystite interstitielle pourraient être des douleurs « neuropathiques », c’est-à-dire causées par le dérèglement du système nerveux de la vessie. Ainsi, une toute petite quantité d’urine suffirait à « exciter » les nerfs et à déclencher des signaux douloureux plutôt qu’une simple sensation de pression.

Comment faire le diagnostic d’une cystite interstitielle?

Il s’agit essentiellement d’un diagnostic d’exclusion qu’il est difficile d’établir. Il ne peut être confirmé qu’une fois que toutes les autres causes possibles ont été éliminées. La cystite interstitielle peut se confondre, entre autres, avec une infection urinaire, de l’endométriose, une infection à chlamydia et une vessie hyperactive.

Analyse et cultures d’urine
Elles sont généralement normales.



Cystoscopie avec hydrodistension de la vessie
La présence de glomérulations, qui sont de fines fissures ou de petites hémorragies. Elles sont très caractéristiques de la cystite interstitielle dans la majorité des cas. Moins fréquemment, on peut observer des ulcères de Hunner.

Le bilan urodynamique

En cas de cystite interstitielle, on découvre avec ces examens que la capacité vésicale est diminuée. L’envie d’uriner et les douleurs apparaissent pour un volume plutôt précoce.

Quels sont les symptômes d’une cystite interstitielle?

Les symptômes peuvent survenir par « crises » entrecoupées de périodes d’accalmie. Certaines personnes souffrent de douleurs modérées, tandis que d’autres se plaindront de douleurs insupportables et d’envies d’uriner quasiment permanentes. Chez une même personne, l’intensité des symptômes peut également varier énormément d’une semaine à l’autre ou d’un jour à l’autre.
  • Une douleur sus-pubienne.
  • Plus la vessie est pleine, plus la douleur est intense. La douleur peut irradier dans le bas du dos ainsi que le vagin, l’urètre et le rectum. Elle est constante ou intermittente, et peut diminuer après avoir uriné.
  • Une envie persistante d’uriner (ténesme vésical).
  • Le besoin d’uriner se fait sentir jour et nuit, pour évacuer quelques gouttes d’urine chaque fois. En plus d’être fréquent, le besoin d’uriner est douloureux et les mictions, impérieuses.
  • Une sensation de brûlure.
  • Des douleurs intensifiées au moment des relations sexuelles ou juste après.

Quels sont les traitements non médicaux pour la cystite interstitielle?

Modifications alimentaires
  • Si l’alimentation augmente le degré d’acidité de l’urine, les douleurs de la cystite interstitielle sont augmentées. De plus, les personnes atteintes de cystite interstitielle remarquent que leurs douleurs s’aggravent de 2 h à 4 h après avoir mangé certains aliments. Ainsi, jusqu’à 6 personnes sur 10 atteintes de cystite interstitielle peuvent clairement reconnaître des aliments nuisibles responsables de douleurs accrues.
  • Toutes les boissons gazeuses, tous les sodas et les colas. La caféine, le chocolat, l’alcool, les piments forts et les plats épicés.
  • Les aliments et les jus très acides (plusieurs fruits, mais surtout les agrumes et les tomates).
  • Certains fruits et légumes : fèves, haricots, ananas, agrumes, bananes, rhubarbe…
  • La plupart des noix, les viandes et les poissons fumés, le tofu, le vinaigre (et les aliments marinés dans du vinaigre), la moutarde et la sauce soya.
  • Éviter le jus de canneberge.
Neurostimulation électrique transcutanée (TENS)

Ce traitement est surtout utilisé lorsque les symptômes prédominent durant la nuit. La neurostimulation se fait à l’aide d’un appareil générant un courant électrique de faible tension. Cet appareil est relié à des électrodes apposées au bas du dos, au pubis, dans la région du périnée. Chez certaines personnes, le TENS réduit la douleur et la fréquence des mictions. Il le ferait peut-être en accroissant le flux sanguin à la vessie, en renforçant les muscles de la vessie ou en provoquant la libération de substances antidouleur naturelles.

Quels sont les traitements médicaux pour la cystite interstitielle?

Il n’existe pas encore de traitement permettant de guérir définitivement la cystite interstitielle. Cela dit, plusieurs médicaments et traitements peuvent être proposés pour soulager les symptômes. Il faut savoir qu’il existe encore peu de données sur l’efficacité de ces traitements et que certains d’entre eux sont employés à titre expérimental. Puisque chaque personne répond différemment aux traitements, cela peut prendre plusieurs mois avant de trouver celui ou ceux qui conviennent.

D’autres traitements pour le traitement de la cystite interstitielle

Médicaments oraux contre la douleur
  • Il s’agit souvent du premier traitement de soulagement suggéré par le médecin. Le choix du médicament repose en grande partie sur le type de symptôme qui prédomine.
  • Le pentosan sodique (Elmiron) est le seul médicament par voie orale qui est spécifiquement indiqué pour soulager la douleur provoquée par une cystite interstitielle. Il est donc le plus utilisé. Ce médicament adhérerait à la muqueuse qui tapisse l’intérieur de la vessie, la protégeant ainsi des composants irritants de l’urine. L’effet thérapeutique optimal n’apparaît qu’après 6 à 12 mois de traitement. Environ 30 % à 60 % des personnes rapportent une diminution de la douleur après 3 mois de traitement.
  • Les médicaments antalgiques (anti douleurs) ou les anti-inflammatoires non stéroïdiens.
  • Les médicaments antispasmodiques et les relaxants musculaires peuvent également être utilisés afin de relaxer la vessie autant que possible:
    • Les anticonvulsivants, comme la gabapentine, un médicament utilisé pour traiter les douleurs chroniques.
    • Les médicaments antidépresseurs. L’amitriptyline (Élavil) est souvent utilisée et permet de soulager la douleur chez environ deux tiers des personnes atteintes de cystite interstitielle.
    • Des médicaments antihistaminiques (antiallergiques), comme l’hydroxyzine, un médicament utilisé contre les allergies, sont parfois utilisés.


    • Instillations vésicales
    • Leur but est de remplacer temporairement la couche superficielle de l’intérieur de la vessie afin qu’elle soit moins irritable. Plusieurs médicaments peuvent être utilisés.
    • Cystistat, composé de hyaluronate de sodium (sel d’acide hyaluronique).
    • Uracyst, qui contient du sulfate de chondroïtine.
    • Le médicament le plus fréquemment employé est le diméthyl sulfoxide (DMSO). L’héparine peut aussi être utilisée seule. Elle renforce la couche protectrice qui tapisse l’intérieur de la vessie. Les instillations sont généralement hebdomadaires, mais le soulagement est obtenu moins rapidement qu’avec le DMSO.

Existe-t-il d’autres traitements non médicamenteux et innovateurs pour le traitement de la cystite interstitielle?

L’injection de plasma riche en plaquettes intravaginale est un traitement innovateur et prometteur, mais expérimental, qui a diminué la douleur de plusieurs patientes ayant des douleurs vaginales et urétrales associées.

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